GRANDPAPIER

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Je suis un enfant.
Ma mère et moi sommes sur le parvis d’une église.
Nous sommes rejoints par un homme d’âge mûr qui s’avère être un ancien compagnon de ma mère.
Nous marchons tous trois dans la ville.
Pendant que nous rejoignons un parking, je m’approche de l’homme que je reconnais confusément.
J’ai rapidement la conviction que cet homme a abusé de moi dans le passé. Je lui dis : "je vous reconnais, je sais que c’est vous."
Il ne répond pas et se met au volant de sa voiture. Ma mère monte à l’avant, moi, à l’arrière.
Sur le siège arrière, le journal "Le Soir" est replié de façon à laisser apparaître un article.
Je le lis en oblique : cela parle d’un scandale de moeurs dans lequel l’homme est impliqué.
Nous arrivons dans le centre.
Nous marchons dans une rue commerçante. Je dis à ma mère que son ancien compagnon m’a violé.
Elle se fâche et m’interdit de dire des choses pareilles.
Je m’enfuis de rage et me retrouve dans les toilettes publiques.
Les portes des W.C. sont fermées à clef.
Ma mère et son ex-compagnon me retrouvent. Elle me demande de la suivre.
À la terrasse d’un café, j’aperçois un journal posé sur une table. Je le prends.
Nous nous retrouvons ensuite dans un parc parcouru d’allées. L’homme marche un peu plus loin devant ma mère et moi.
J’essaie de convaincre ma mère que cet homme m’a fait du mal.
Je lui parle comme un adulte. Je lui montre l’article du journal.
Elle commence à douter et finit par interpeller l’homme. Il a honte et ne dit rien.
Je m’approche de lui. Je lui dis que je ne suis pas vraiment un enfant, qu’en fait j’ai 37 ans et que je suis revenu sous cette apparence parce que je voulais que "les choses soient dites".
Il est extrêmement troublé.
Nous retournons à la voiture. Ma mère est fâchée et l’homme toujours honteux et muet.
Je monte à l’arrière, la portière est toujours ouverte et l’homme vient me tendre la main comme pour implorer mon pardon. Je lui tends la mienne.
Il monte ensuite côté conducteur. Ma mère est toujours dehors.
Je demande à l’homme en quelle année nous sommes. Il me dit :"1974". Je dis : "Alors j’ai 5 ans."
Ma mère monte à l’arrière à côté de moi et je lui dis : "Je vais peut-être m’endormir et, à mon réveil, je serai redevenu un petit garçon normal."
La voiture démarre et je me réveille.
Ensuite je ressasse le rêve, je le note et je me dis que l’année est juste : en 1974, j’avais 5 ans.
Sauf que ce n’est pas cet homme qui a abusé de moi. (fin)


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