/27
- L'épuisement- page 1
Au début, on pouvait parler de simples somnolences.
- L'épuisement- page 2
Au bureau, àforce d’assoupissements, mon rendement s’en ressentait déjà.
- L'épuisement- page 3
Chez moi, de plus en plus, je me couchais de bonne heure.
- L'épuisement- page 4
Et je me levais chaque jour plus péniblement, au dernier moment.
- L'épuisement- page 5
Après quelques retards, je n’allais plus au travail.
- L'épuisement- page 6
Un matin, le médecin me rendit visite et me prescrit, comme une formalité quelques cachets pour la tension. Sans effet ! Le sommeil s’intensifiait.
- L'épuisement- page 7
Les temps d’éveil diminuaient. Par prévoyance, j’achetais des tas de provisions.
- L'épuisement- page 8
En rentrant, je m’écroulais sur mon lit. Je ne le quittais plus.
- L'épuisement- page 9
On a téléphoné, j’étais renvoyé. Je ne m’en faisais pas, je dormais. Quand on dort, on ne s’en fait pas.
- L'épuisement- page 10
On a peut-être sonné, un collègue ou l’autre, je n’ai rien entendu.
- L'épuisement- page 11
C’est mieux ainsi, il m’aurait emmené, contre mon gré, àl’hôpital.
- L'épuisement- page 12
Les hôpitaux, je les déteste. Mes collègues aussi.
- L'épuisement- page 13
Et puis surtout, il ne doivent pas me voir. Pas dans cet état.
- L'épuisement- page 14
Le sommeil agissait, àla fois comme une volupté et comme une condamnation. Par la fente de la porte, des factures et des rappels.
- L'épuisement- page 15
Le téléphone fut coupé. De toute façon, àqui téléphoner ?
- L'épuisement- page 16
Pas àmes collègues ! Pas àma famille, trop éloignée, trop vite inquiète !
- L'épuisement- page 17
L’eau fut coupée, puis le courant.
- L'épuisement- page 18
Une odeur se dégageait, celle du logement, de la vaisselle amoncelée, des déchets accumulés, et la mienne.
- L'épuisement- page 19
De rares moments d’éveil. Il me permettaient, mais jamais d’avantage, de me sustenter, de me soulager.
- L'épuisement- page 20
Sauf vers la fin. C’était gênant, pour l’estomac et pour l’hygiène.
- L'épuisement- page 21
Les provisions furent elles aussi, épuisées.
- L'épuisement- page 22
Je me traînais dehors, amaigri, jusqu’àune impasse toute proche.
- L'épuisement- page 23
Je me coinçais, me cachais, presque de honte, entre deux poubelles.
- L'épuisement- page 24
J’espérais trouver, àchaque réveil, quelques résidus alimentaires.
- L'épuisement- page 25
Quand on sortait les poubelles, je dormais. Quand on les enlevait, je dormais.
- L'épuisement- page 26
Sans réelle notion de durée, j’en déduisais cependant que mes temps de sommeil étaient longs.
- L'épuisement- page 27
J’ai du mourir pendant l’un deux.


Ce récit vous a plu ?


Vous pouvez remercier William Henne
avec un petit cœur !

2

William Henne

contacter

Autres bandes dessinées de William Henne

Carnet des Doms

Le carnet des Doms rassemble les dessins réalisés pendant une résidence au Théâtre des Doms par William Henne dans le cadre du Festival (…)

#Voyage#Reportage - documentaire
126

Autres récits classés dans #Onirique

I thought you would never come

At night, strange plants grow on my skin

#Onirique#Poétique
24

YOURI

Est ce que un rond et deux points suffisent à faire une tête ? Les deux points suffisent ils à rentrer en contact avec le monde ? (…)

#Onirique
24 24

Pas à pas

scénario improvisé au fur et à mesure

#Expérimental#Onirique#Fantastique
5

HEL

Phoebe et la nouvelle Atlantide Chapitre III

#Onirique#Aventure#Fantastique
13

C’est un canard explosif

Je ne pensais pas pouvoir tenir 24h à dessiner, finalement ça s’est très bien passé. Mis à part le coup de barre monumental vers 2h, les (…)

#Onirique#Expérimental
24 27