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- L'épuisement- page 1
Au début, on pouvait parler de simples somnolences.
- L'épuisement- page 2
Au bureau, àforce d’assoupissements, mon rendement s’en ressentait déjà.
- L'épuisement- page 3
Chez moi, de plus en plus, je me couchais de bonne heure.
- L'épuisement- page 4
Et je me levais chaque jour plus péniblement, au dernier moment.
- L'épuisement- page 5
Après quelques retards, je n’allais plus au travail.
- L'épuisement- page 6
Un matin, le médecin me rendit visite et me prescrit, comme une formalité quelques cachets pour la tension. Sans effet ! Le sommeil s’intensifiait.
- L'épuisement- page 7
Les temps d’éveil diminuaient. Par prévoyance, j’achetais des tas de provisions.
- L'épuisement- page 8
En rentrant, je m’écroulais sur mon lit. Je ne le quittais plus.
- L'épuisement- page 9
On a téléphoné, j’étais renvoyé. Je ne m’en faisais pas, je dormais. Quand on dort, on ne s’en fait pas.
- L'épuisement- page 10
On a peut-être sonné, un collègue ou l’autre, je n’ai rien entendu.
- L'épuisement- page 11
C’est mieux ainsi, il m’aurait emmené, contre mon gré, àl’hôpital.
- L'épuisement- page 12
Les hôpitaux, je les déteste. Mes collègues aussi.
- L'épuisement- page 13
Et puis surtout, il ne doivent pas me voir. Pas dans cet état.
- L'épuisement- page 14
Le sommeil agissait, àla fois comme une volupté et comme une condamnation. Par la fente de la porte, des factures et des rappels.
- L'épuisement- page 15
Le téléphone fut coupé. De toute façon, àqui téléphoner ?
- L'épuisement- page 16
Pas àmes collègues ! Pas àma famille, trop éloignée, trop vite inquiète !
- L'épuisement- page 17
L’eau fut coupée, puis le courant.
- L'épuisement- page 18
Une odeur se dégageait, celle du logement, de la vaisselle amoncelée, des déchets accumulés, et la mienne.
- L'épuisement- page 19
De rares moments d’éveil. Il me permettaient, mais jamais d’avantage, de me sustenter, de me soulager.
- L'épuisement- page 20
Sauf vers la fin. C’était gênant, pour l’estomac et pour l’hygiène.
- L'épuisement- page 21
Les provisions furent elles aussi, épuisées.
- L'épuisement- page 22
Je me traînais dehors, amaigri, jusqu’àune impasse toute proche.
- L'épuisement- page 23
Je me coinçais, me cachais, presque de honte, entre deux poubelles.
- L'épuisement- page 24
J’espérais trouver, àchaque réveil, quelques résidus alimentaires.
- L'épuisement- page 25
Quand on sortait les poubelles, je dormais. Quand on les enlevait, je dormais.
- L'épuisement- page 26
Sans réelle notion de durée, j’en déduisais cependant que mes temps de sommeil étaient longs.
- L'épuisement- page 27
J’ai du mourir pendant l’un deux.


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